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 Le Phare Ar-Men

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gibbs
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MessageSujet: Le Phare Ar-Men   Dim 26 Fév - 18:19

Ar-Men l’enfer des enfers,


Les phares sont fascinants de part leur aspect et leurs rapports avec la mer.

Bien qu’aujourd’hui le point par satellite les rendent moins indispensables, les navigateurs sont heureux de voir leurs feux salvateurs.

Vous savez sans doute que les marins les classent en 3 catégories :

Ceux construits sur le continent, surnommés « les paradis » par le fait du confort irremplaçable de la terre ferme. Ils ne risquent pas de recevoir la moindre vague et seuls quelques embruns parviennent jusqu'à eux.

Les phares bâtis sur une île appelés « les purgatoires » car déjà la mer en cas de gros temps, vient lécher leur structure. Tout dépend de la taille de l’ile mais en général le phare est situé à l’aplomb d’une falaise et les tempêtes rendent déjà la vie difficile à leurs gardiens.

Mais que dire de la troisième catégorie surnommée « les enfers » construits sur une roche misérable en plein océan ?.

Ar-Men en est le parfait exemple.

Son histoire commence dans la nuit du 23 septembre 1859 au large de la pointe du Raz.

La frégate le Sané équipée de roues à aubes lutte contre un mauvais vent du sud est. Victime d’un problème de barre le navire vient se briser sur les roches de la chaussée de Sein.

Le Sané est une frégate impériale et le scandale est immense. De part son importance stratégique de nombreux navires militaires fréquentent cette zone . Elle doit donc être sûre !

Les généraux exigent un phare à cet endroit. On demande alors à la commission des phares et au Ministère des travaux publics de s’en charger.

Les ingénieurs haussent les épaules. Un phare devant la chaussée de Sein..

Impossible !.

Sur place il n’y a rien qu’une succession de roches noires sinistres sur 13 milles. Aucune roche n’effleure la surface à marée haute. La zone est battue en permanence par des vagues gigantesques.

L’empereur Napoléon III s’énerve, il veut son phare.

Au risque de se briser sur les roches on examine sur place, on étudie sous la mer.

Le rapport conclu qu’il n’existe qu’un seul rocher dépassant de 4 mètres à marée basse :

L’Ar-Men. Mais ce serait une folie de bâtir un phare dessus. Les vagues atteignent parfois 30 mètres. Le phare serait constamment dans l’eau et emporté.

Malgré le découragement, l’ingénieur Paul Joly relève le défi.

Il calcule les périodes de beau temps et de marée, puis recrute une équipe efficace.

En 1867 pendant de très courtes périodes favorables, des ouvriers équipés de ceintures de sauvetage et semelles antidérapante se mettent au travail. Ils travaillent souvent allongés sur la roche afin de ne pas être emportés par les vagues et un guetteur les prévient à l’arrivée de grosses lames. Il percent des trous pour engager les ferrures. Celles ci serviront de fondations à la maçonnerie. Souvent les canots sont renversés par la mer, mais chose incroyable il n’y aura que peu de drames pendant cette période.

Ce travail harassant prendra une année. 40 ferrures et un sillon serviront de support .

En 1869 on commence la maçonnerie. Par chance, le temps est exceptionnel et le travail avance vite. Enfin une dalle émerge. Mais la mer recouvre régulièrement la base faite en moellons de Kersanton et il faut souvent réparer. On construit des abris en béton pour les ouvriers, mais la mer s’acharne pour tout saboter. Parfois les tempêtes emportent tout. Il faudra 14 ans pour construire le phare !

En 1881 il est mis en service. Devant le doute des ingénieurs sur sa tenue aux vagues, la base est renforcée.

Commence alors l’enfer pour ses gardiens, car la mer se doit d’avoir le dernier mot.

Déjà il est quasiment impossible d’accoster contre le phare lui même, il a fallu construire un va et vient (sorte de téléphérique reliant le phare au navire, au dessus des vagues) Le transport des hommes et des marchandises se fait ainsi (parfois au travers des lames !) .

Le phare fait 33 mètres mais des vagues monstrueuses passent souvent par dessus brisant parfois les vitres de la tour ou fêlant la glace des lampes.

Impossible dans la tempête de se tenir sur la rambarde située au sommet.

Le bruit est infernal, mugissements permanents ajoutés aux grondements.

Il faut réparer sans cesse les pierres manquantes. Souvent d’énormes vagues ébranlent le phare faisant tomber tout ce qui est accroché aux murs. Des accidents majeurs furent à déplorer, comme des gardiens emportés par les vagues, ou un incendie transformant le phare en cheminée infernale. Dans ce dernier cas, seul le câble du paratonnerre permit aux gardiens de s’échapper par le haut, descendre et éteindre l’incendie avec des seaux d’eau de mer.

Un jour une vague emporta la porte de la tour (pourtant blindée par un bouclier de cuivre) et la cuisine fut dévastée par la mer.

A noter que la cuisine est située a mi-hauteur !.

Aujourd’hui Ar-Men est toujours là, automatisé et inspecté une fois par an.

Bel exploit technique*souhaitons lui longue vie..



(*) Les Anglais ont eu leur Ar-Men, celui d’Eddystone au large de Plymouth construit en 1696. Comme dans la chaussée de Sein de nombreux navires se brisaient sur une roche sournoise à l’entrée de la rade de Plymouth. On construisit donc un phare dessus.

On utilisa d’énormes chaînes d’accroche sur lesquelles on érigea un phare de pierre et de bois couvert de balustrades. C’était un édifice offrant une magnifique prise au vent et à la mer.

Les gardiens étaient terrorisés par le choc des vagues sur sa structure. L’architecte vexé décida d’y coucher lui même pendant une tempête afin de prouver sa sécurité. Le 26 novembre 1703 il disparut avec son phare emporté par un ouragan.

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